Hausses de taux, finies ou pas?

Dans cet épisode, Sébastien et Ashleay nous parle de la hausse des taux, de la banque du Canada ainsi que de la pause de janvier.

Ashleay : Bienvenue au balado À vos intérêts! de iA Groupe financier où l'objectif est de vous partager l'essentiel de l'actualité économique et de ses impacts sur vos finances. Mon nom est Ashleay et cette semaine, en mode à distance, on vous parle de la hausse des taux. Alors, bonjour Sébastien, puis comme toujours, bien contente de te retrouver pour nos capsules estivales. Et Sébastien, je suis un peu confuse. Je pensais qu'on prévoyait qu'il y aurait un arrêt des hausses de taux dans les derniers mois. Peux-tu nous éclairer sur ce qui se passe et nous dire les options qui s'offrent à nous si on doit ouvrir ou renouveler notre hypothèque?

Sébastien : Oui, c'est une bonne question. En 2023, quand l'année a commencé, il y a eu une décision de la Banque du Canada à la mi-janvier. Puis elle a haussé le taux directeur à cette rencontre-là, mais en disant « on va faire une pause ». La durée de la pause, c'est un gros point d'interrogation, savoir combien de temps elle allait rester sur les lignes de côté. Mais c’était les données qui allaient parler. Donc les données, si l'inflation demeure résiliente, si l'économie demeure encore en surchauffe, selon les estimations de la Banque, c'est ça qui allait déterminer la durée de la pause. Puis la pause a été quand même de courte durée parce qu'en juin, la Banque du Canada est sortie de sa pause, a haussé son taux directeur. Et vous savez, si vous sortez d'une pause, vous faites rarement juste une hausse, vous allez en faire au moins deux. Donc on en a eu une deuxième en juillet. Donc là, on est en train d'enregistrer ici, on est à la fin du mois de juillet. La dernière décision de la Banque du Canada date de quelques semaines à peine. Les marchés ne s'attendent pas à ce qu'on ait d'autres hausses d'ici la fin de l'année, mais ça va dépendre des données. Quand on regarde l'inflation, bien, l'inflation, oui, a ralenti, on parle de 2,8 % d'inflation, ce qui est dans la fourchette de 1 à 3 % de la Banque. Donc, on pourrait dire « c'est gagné ». Mais la Banque du Canada elle-même, puis on est tout à fait d'accord avec ça, nous aussi, nous disait « attention avant de célébrer trop vite ». Les pressions inflationnistes sous-jacentes restent et surtout là, on a vu l'inflation baisser, mais c’est parce que c’est le prix de la gasoline, le prix à la pompe, année sur année. Parce que l'été passé, ça coûtait tellement cher, l'essence, que là, quand on regarde année sur année, c'est un recul de 20 % de la composante d'inflation qui vient de la gasoline. Donc ça, c'est un vent de face. Puis quand on regarde devant d'ici la fin de l'année, bien, nos pronostics nous suggèrent qu'on pourrait voir l'inflation repartir un petit peu à la hausse. Je ne serais pas surpris qu'on finisse l'année entre 3,5, puis 4, 4,5 % d'inflation. Puis quand on regarde derrière, qu'on dise que le mois de juin, c'était le creux de l'année pour l'inflation, on a eu un recul qui était causé surtout par le recul du prix de l'essence. Mais depuis, on est reparti à la hausse, donc ce n'est pas terminé encore. C'est le régime de taux d'intérêt élevés qui n’est pas terminé encore. On a eu 4,75 % de hausse depuis mars 2022, c'est l'équivalent de 19 hausses de 25 points de base. Donc si vous trouvez que c'est beaucoup, bien oui, c'était beaucoup. Ça a été un des cycles de resserrement les plus importants de l'histoire. Puis on en a parlé beaucoup, là, puis je ne vais pas revenir là-dessus, mais c'est environ 18 à 24 mois de délai pour voir les impacts complets de chacune des hausses de la Banque du Canada. Puis n’oubliez pas qu'en juillet 2022, on avait eu quatre hausses en une, 100 points de base d'un coup, puis là, ça fait douze mois. Donc il reste encore du temps pour qu'on voie l'impact plein de ces hausses-là qui étaient assez massives l'été dernier. Donc si on est la Banque du Canada, puis on regarde l'économie aujourd'hui, qu'est-ce qu'on voit? Bien, on voit que le crédit à la consommation ralentit. On voit que l'immobilier demeure quand même résilient. Il ne faut pas oublier qu'au Canada, l'immigration, c'est un facteur important. Puis on se pose toujours la question « où est-ce qu'on va loger tous ces immigrants-là »? Donc l'immobilier, ça le soutient, certaines régions plus que d'autres, mais quand même, l'immobilier va encore bien. Les entreprises se disent moins confiantes envers l'avenir, elles voient venir l'impact des hausses de taux. Mais dans le moment, les ventes demeurent fortes. L'emploi demeure vigoureux, les ménages continuent de dépenser. Donc on a encore un portrait, je vous dirais, qui est mi-figue, mi-raisin. Donc, le conseil qu'on a donné à la Banque du Canada plusieurs fois et qu'on donne encore, c'est que peut-être que ce serait bien d'être plus patients, donc d'attendre avant de continuer à faire des hausses, et puis de rajouter des hausses. Peut-être que les hausses de cet été étaient nécessaires, peut-être que c'était des hausses de trop, aussi, qu'on va réaliser en 2024 que ça aurait été mieux d'être plus patient au cours de l'été. Ça, c'est juste l'avenir qui va nous le dire. Mais je vous dirais que les taux élevés, ça, ça va durer jusque quelque part en 2024. Est-ce que c'est le milieu de l'année 2024? Peut-être, mais les taux d'intérêt ne sont pas sur le point de baisser. Ça fait que, pour revenir à la question, si on a une hypothèque et que c’est le temps de la renouveler ou si on veut acheter une maison, quoi faire? Bien, ce n’est probablement pas le temps de signer long terme à taux fixe parce que les taux d’intérêt sont assez élevés. Si vous aimez la sécurité d’esprit, si vous voulez avoir un paiement fixe, que vous savez beau temps, mauvais temps, je sais combien je vais payer, bien, peut-être que signer à taux fixe, mais plus court terme, peut-être qu’on peut parler de deux ans ici. Sinon, si vous voulez vraiment, si vous êtes capables de prendre un peu de volatilité à court terme, mais vous voulez maximiser vos chances de payer moins cher éventuellement, bien signer à long terme cinq ans avec un taux variable, probablement que c’est la chose à faire. Le sommet, s'il n'est pas déjà là, il approche. Les taux vont avoir à diminuer au cours des prochaines années, en 2025 et 2026. Avec tout ce resserrement monétaire là, l'économie va ralentir, on va avoir besoin d'enlever le pied sur le frein éventuellement. Donc c'est la chose à faire. Donc, un conseil que je pourrais vous donner ici pour résumer tout ça, signer à taux fixe pour le long terme aujourd'hui, ça pourrait être une décision coûteuse que vous allez regretter.

Ashleay : Eh bien, merci, Sébastien, comme à l'habitude, tu nous aides à vraiment mieux comprendre le tout. Et à tous les auditeurs, merci d'avoir été là. Si vous avez apprécié cet épisode, n'hésitez pas à le partager. Et on se revoit la semaine prochaine. Vous avez aimé cet épisode et vous aimeriez en apprendre davantage sur l'actualité économique? Abonnez-vous à notre balado À vos intérêts! disponible sur toutes les plateformes. Vous pouvez aussi visiter la page Actualités économiques sur ia.ca et nous suivre sur les réseaux sociaux.

À propos

Sébastien possède près de 20 ans d’expérience dans les secteurs privé et public. En plus de son rôle de stratège en chef et d’économiste sénior, il est également gestionnaire de portefeuilles chez iA Gestion mondiale d’actifs et membre du comité d’allocation d’actifs de la société. Ces fonctions lui permettent d’exprimer sa passion pour les chiffres, les mots et la communication. Sébastien agit en tant que porte-parole de iA Groupe financier et conférencier invité sur les questions qui touchent l’économie et la finance. Avant de se joindre à iA en 2013, il a occupé divers postes dans le secteur de l’économie à l’Autorité des marchés financiers, chez Desjardins et au ministère des Finances du Québec. Sébastien est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en économie de l’Université Laval et détient le titre de CFA.

Sébastien Mc Mahon

Vice-président, allocation d'actifs, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuilles

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