Les défis financiers de l’immigration

Selon une étude récente, une forte majorité des nouveaux arrivants trouvent que vivre au Canada s’avère plus dispendieux qu’ils escomptaient. Il faut dire que, dans ce vaste pays aux multiples réalités, le coût de la vie peut varier beaucoup d’une ville ou d’une région à l’autre. Voyez avec notre expert les étapes et les frais qu’il faut prévoir pour vivre au pays en toute tranquillité d’esprit.

Ashleay : Bienvenue au balado À vos intérêts! Mon nom est Ashleay et cette semaine, je suis accompagnée comme à l'habitude, par mon collègstratège en chef Sébastien Mc Mahon. Aujourd'hui, nous sommes en compagnie de notre collègue Haingonirina Randrianarisoa, responsable de produits aux solutions d'assurance et d'épargne collective, pour discuter des défis financiers liés à l'immigration. Bien souvent, en arrivant au Canada, les nouveaux arrivants cherchent à améliorer leur qualité de vie et celle de leur famille. Malgré cela, plusieurs défis peuvent se présenter sur leur chemin, dont la gestion de leurs finances. Nous allons donc parler avec notre invité de différents sujets en lien avec les défis financiers liés à l'immigration, dont le coût de la vie, le dossier de crédit et les véhicules d'épargne. Alors bonjour, Nirina et merci de te joindre à nous.

Haingonirina : Bonjour! Merci de m'avoir invité.

Sébastien : Bonjour, Nirina. Plaisir de t'avoir avec nous cette semaine.

Haingonirina : Merci.

Ashleay : Et Nirina, je sais que tu as toi-même immigré au Canada. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours?

Haingonirina : Effectivement, moi, je suis un double immigré. Donc je suis né à Madagascar, j'ai grandi à Madagascar, j'ai migré une première fois en France, un peu jeune, je dirais, à l'âge de 19 ans pour mes études supérieures. Une fois mes études en poche, mon diplôme en poche (j'ai un diplôme en ingénierie informatique), j'ai travaillé un peu moins de dix ans en France. Et puis j'ai immigré une seconde fois au Canada en 2018, pour le travail encore. Donc ça fait bientôt six ans.

Ashleay : On entend souvent dire qu'il peut être difficile pour les nouveaux arrivants de trouver un emploi en lien avec leur domaid'étude. À quel point était-ce un enjeu?

Sébastien : C'est un réel enjeu, je dirais. Dans La Presse, récemment, on parlait d'une vaste étude de Léger marketing qui était réalisée auprès d'environ 2000 nouveaux arrivants. Puis c'était seulement 59 % des répondants qui ont été capables de se trouver un emploi dans leur domaine d'étude ou d'expertise. Mais c'est un peu paradoxal parce qu'on en a parlé beaucoup dans le balado ici : on parle beaucoup de pénurie de main-d'œuvre depuis quelques années et on aurait pu penser que ça, ça aurait fait avancer les choses. Mais on constate qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire pour la reconnaissance des diplômes et des compétences. Il y a différents facteurs qui peuvent nuire à la recherche d'emploi pour les nouveaux arrivants. Par exemple, il y a la barrière de la langue, dans certains cas. Ce n'est pas le cas de Nirina ici, mais c'est le cas de plusieurs. L'absence d'expérience de travail au Canada qui peut jouer et aussi le réseau de contacts qui peut être inexistant dans le pays. Donc, souvent ce sont les facteurs principaux dont j'entends parler. Mais toi, Nirina, ton expérience personnelle, ça ressemble à quoi?

Haingonirina : Oui, effectivement, chacun a un peu son expérience là-dessus. Pour moi personnellement, effectivement, je n'ai pas forcément la barrière de la langue. Je suis un peu finalement né avec le français, donc je n'ai pas eu cette barrière-là. De plus, je n'ai pas eu aussi la barrière de souci du processus d'embauche. J'avais un diplôme d'ingénieur en France, j'avais déjà travaillé, donc j'avais l'expérience française qui était un peu plus facile pour intégrer le marché au Canada. A contrario, j'ai un cousin par exemple qui, lui, vient d'arriver, qui effectivement lui vient directement de Madagascar. Il est arrivé en plein hiver, donc déjà il y a le froid qui diffère, il ne parle pas français couramment, donc c'est un peu difficile pour lui pour communiquer, même s'il le comprend, bien évidemment. Il y a son expérience de travail et son expérience ici qui diffèrent. Il part d'un pays africain vers un pays de l'Occident, chose que moi j'ai déjà eue justement par expérience. Malgré tout, c'est ça que je voulais ajouter, l'accompagnement de son nouvel employeur a été d'une très grande aide pour lui, parce que vraiment, je le vois, et je l'ai vu même, depuis quelques mois, il est là. Son expérience change. Même la manière de communiquer, la manière de partager, la manière même d'avancer dans la vie. Il commence à changer.

Ashleay : On peut s'imaginer que l'une des premières étapes en arrivant dans un nouveau pays, c'est d'ouvrir un compte de banque ou compte bancaire. Comment les nouveaux arrivants doivent-ils s'y prendre?

Haingonirina : Effectivement. Pour cela, il y a deux options. Soit, tu ouvres un compte depuis ton pays d'origine. Certaines banques offrent la possibilité d'ouvrir un compte bancaire de l'étranger par téléphone ou téléconférence. Ça permet de transférer des fonds d'avance, par virement bancaire international ou par service de transfert traditionnel ou par service de transfert en ligne. Ça permet aussi de se concentrer sur autre chose à l'arrivée du pays. Ou sinon, la deuxième option était d'attendre d'être sur place, ce qui a été mon cas, pour le coup, pour ouvrir un compte bancaire. Pour cela, il faut avoir en main quand même quelques documents : un passeport bien évidemment, un document officiel d'une institution gouvernementale canadienne qui atteste le statut d'immigrant, comme un visa, un permis de travail, un permis d'études ou autre. Certaines institutions bancaires pourraient aussi demander d'autres renseignements comme la future adresse au Canada, l'adresse de l'employeur ou de l'établissement dans lequel on étudie, le numéro d'identification fiscale du pays d'origine. Bien évidemment, il faut s'assurer d'avoir le plus d'informations possible lorsqu'on fait la demande.

Sébastien : Puis aussi, si je pouvais ajouter quelque chose que j'ai entendu souvent par des collègues et ex-collègues qui avaient immigré au Canada, c'est une bonne idée de demander à la banque avec laquelle on choisit de faire affaire si elle offre des services qui sont spécifiques aux nouveaux arrivants. Certaines banques pourraient offrir, par exemple, de bénéficier d'une réduction de frais temporaires. Il y a d'autres avantages aussi qui peuvent être intéressants, en plus de l'accompagnement dont on peut bénéficier.

Ashleay : Dans le fond, après avoir ouvert un compte bancaire, il faut bâtir un dossier de crédit pour avoir un certain pouvoir d’achaComment est-ce que ça fonctionne, Nirina?

Haingonirina : Au Canada, un dossier de crédit est automatiquement créé à votre nom dès votre première demande de prêt dans une institution financière. Une cote de crédit vous est alors attribuée. Celle-ci est calculée en fonction de votre historique de crédit. Elle est plus élevée si vous gérez vos dettes de façon responsable. Elle indique donc le risque que vous présentez pour les prêteurs. De mon expérience, en tout cas, quand je suis arrivé, effectivement, on m'a expliqué cette cote de crédit et surtout la carte de crédit, donc arrivé à l’entretien à la banque, ce qui était définitivement un nouveau concept pour moi. Dans les pays précédents dans lesquels j’étais, il n’y avait pas cette notion de cote et de carte de crédit. Idéalement, j’aurais besoin d’un rappel sur cette notion, car quand on arrive, en fait, on a plein de choses à faire, notamment la recherche d'un logement et tous les besoins qu'on a à subvenir au moment d'arrivée. Cela fait que cette notion de cote et de carte de crédit, parfois, on a tendance à passer outre. Pour le coup, moi, je me suis définitivement fait avoir. On a dû me rappeler un an après, voire deux ans pour un autre cas, que j'avais une cote de crédit un peu basse et que c'est autrement qu'il fallait l'utiliser. On me l'a expliqué. J'ai dû le corriger, maintenant.

Sébastien : C'est un point très important que tu amènes là, parce qu'avoir un bon crédit au Canada, c'est important, parce que ça nous permet d'accéder plus facilement à plusieurs produits et services, comme emprunter de l'argent pour différents achats. Si on parle d'une maison ou d’une auto par exemple, même louer un appartement, ça peut jouer dans la balance. Souscrire à une assurance… Donc, on bénéficie d'une bonne cote de crédit. Ça simplifie énormément la vie chez nous.

Ashleay : Puis j'imagine qu'en arrivant au Canada, il faut prévoir quelles seront nos dépenses principales. J'imagine que le coût de la vie peut être difficile à anticiper?

Sébastien : Oui, tout à fait. Puis justement, le coût de la vie au Canada, ça peut varier considérablement d'une ville à l'autre. Il y a beaucoup de variations par rapport au prix du logement, au prix des produits et des services. Par exemple, on sait que se loger, c'est beaucoup plus dispendieux à Vancouver, à Toronto ou à Montréal versus des villes comme Québec, ou quand on s'en va en région, dans la province. Puis l'étude de Léger dont je parlais tantôt était quand même intéressante sur d'autres points aussi parce qu'on soulevait que pas moins de 84 % – donc une forte majorité – des répondants trouvaient que vivre au Canada, c'est plus coûteux que ce qui était escompté avant d'arriver au pays. Et même que la moitié des immigrants qualifient l'écart de « significatif ». Donc, après leur arrivée au pays, les nouveaux arrivants mettent en moyenne 20 mois à devenir autosuffisants financièrement, notamment à cause de la difficulté à trouver un emploi dans son champ d'expertise. Donc, ce sont des défis qui sont réels.

Haingonirina : C'est vrai. Le coût de la vie peut être vraiment déstabilisant en arrivant dans un nouveau pays. Pour le coup, je l'ai vécu vraiment deux fois. Donc, l'idéal, c'est de s'informer le plus possible sur le coût de la vie et surtout de la province dans laquelle on va habiter et sur les principales dépenses à prévoir. Il y a par exemple le logement qu'il faut savoir combien ça coûte, la nourriture, la téléphonie et l'Internet, l'éducation si on est étudiant, le transport, les soins de santé. Bien que le système de santé canadien offre une couverture de base payée par les impôts, certaines dépenses, bien évidemment, ne sont pas couvertes. Et éventuellement, lorsqu'on a des enfants, tout ce qui concerne les enfants, donc la garderie et les diverses activités.

Ashleay : Puis justement, tu viens de mentionner les impôts. Un autre élément important à prendre en compte pour un nouvel arrivant, c'ese fonctionnement de l'impôt. Comment est-ce que vous l'expliqueriez à un nouvel arrivant?

Haingonirina : Au Canada, les impôts sur le revenu sont payables à deux niveaux. Donc, le niveau fédéral et le niveau provincial. Les taux d'imposition fonctionnent par échelons progressifs. Plus votre revenu est élevé, plus vos impôts sont élevés. Les paliers d'imposition de l'impôt fédéral sont les mêmes pour tous les contribuables du Canada. L'impôt provincial, lui, par contre, diffère d'une province à l'autre. Votre taux d'imposition total variera donc selon votre province de résidence.

Sébastien : Il faut savoir aussi qu'au Canada, on doit produire une déclaration de revenus tous les ans au plus tard le 30 avril. Puis on transmet notre déclaration à l'Agence du revenu du Canada. Et au Québec, une déclaration doit également être produite pour Revenu Québec.

Ashleay : Je pense que peu importe dans quel pays nous vivons, il est toujours important d'épargner pour notre retraite. Comment est-ce qu'on décrirait le régime de pension et d'épargne-retraite au Canada aux nouveaux arrivants?

Sébastien : Il y a plusieurs instruments d'épargne-retraite qui sont disponibles au Canada. Certains sont gouvernementaux et puis d'autres sont privés. Donc c'est important de s'informer là-dessus. Et aussi, il existe d'autres véhicules d'épargne et d'investissement. Donc, il peut être intéressant d'investir d'abord dans des régimes enregistrés, puisqu’ils vous permettent d'épargner à l'abri de l'impôt. Que vous soyez résident permanent, immigrant reçu, travailleur ou étudiant étranger, vous allez avoir accès à ces régimes, par exemple le REER, mais aussi le compte d'épargne libre d'impôt (CELI), le régime enregistré d'épargne-études (REEE). Donc, il y a plusieurs véhicules disponibles.

Haingonirina : Puis pour ceux qui sont moins à l'aise avec ces notions-là, ils peuvent toujours faire affaire avec des conseillers.

Ashleay : Et finalement, est-ce qu'il existe des ressources pouvant accompagner les nouveaux arrivants pour faciliter leur intégration?

Haingonirina : Personnellement, je ne m'y connais vraiment pas beaucoup sur le sujet. C'est pour cette raison que je me suis mis en contact avec un conseiller en la matière concernant tous ces régimes-là.

Ashleay : Et puis finalement, est-ce qu'il existe des ressources pouvant accompagner les nouveaux arrivants pour faciliter leur intégration?

Haingonirina : Certainement. Il y a plusieurs ressources qui peuvent les aider à trouver un emploi, à faire évaluer leurs compétences linguistiques et à s'inscrire à des cours de langue, trouver un logement, inscrire leurs enfants à l'école et découvrir des services communautaires.

Sébastien : Il existe vraiment plusieurs ressources. Sur le site du gouvernement du Canada, par exemple, dans la section Immigration et Citoyenneté, on peut inscrire son code postal et cocher les services qu'on recherche et puis ça génère une liste complète des ressources à proximité. Donc un bel outil à utiliser!

Ashleay : Vraiment. Eh bien, merci beaucoup, Sébastien, et merci, Nirina, pour ce contenu vraiment pertinent. Et pour les gens qaimeraient découvrir plus de contenu sur les nouveaux arrivants, il existe plusieurs articles sur la Zone conseils de notre site Web ia.ca, notamment sur les finances, mais aussi sur le système de santé, les assurances et bien d'autres sujets intéressants. Alors on se dit à la semaine prochaine!

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À propos

Sébastien possède près de 20 ans d’expérience dans les secteurs privé et public. En plus de son rôle de stratège en chef et d’économiste sénior, il est également gestionnaire de portefeuilles chez iA Gestion mondiale d’actifs et membre du comité d’allocation d’actifs de la société. Ces fonctions lui permettent d’exprimer sa passion pour les chiffres, les mots et la communication. Sébastien agit en tant que porte-parole de iA Groupe financier et conférencier invité sur les questions qui touchent l’économie et la finance. Avant de se joindre à iA en 2013, il a occupé divers postes dans le secteur de l’économie à l’Autorité des marchés financiers, chez Desjardins et au ministère des Finances du Québec. Sébastien est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en économie de l’Université Laval et détient le titre de CFA.

Sébastien Mc Mahon et Haingonirina Randrianarisoa

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