Pourquoi devrait-on parler d'argent en famille?

Vous êtes à la recherche de conseils pour améliorer vos finances familiales? Ne manquez pas notre plus récent épisode de balado! Nous abordons les sujets délicats de la gestion financière en couple, tels que la communication transparente et l'établissement d'un budget familial solide. Nous discutons également de l'éducation financière des enfants et de l'importance de la préparation et de l'assurance.

Ashleay : Bienvenue au balado À vos intérêts! de iA Groupe financier. Mon nom est Ashleay et aujourd'hui je suis comme à l'habitude en compagnie de mon collègue stratège en chef Sébastien Mc Mahon. Nous allons parler aujourd'hui de l'importance de parler de finances avec sa famille. Comment devrait-on aborder ce sujet parfois tabou avec son conjoint ou sa conjointe, ainsi qu'avec ses enfants? Notre invité aujourd'hui est notre collègue Mathieu Gilbert, conseiller en sécurité financière dans le secteur de l'Épargne et retraite collectives. Alors bonjour Mathieu, merci de te joindre à nous.

Mathieu : Bonjour, Ashleay, merci de m'accueillir.

Sébastien : Bonjour, Mathieu, c'est le fun de t'avoir avec nous. Parler d'argent avec sa famille, son conjoint, ses enfants, on doit tous passer par là, mais ce n'est pas évident. Donc on a besoin de conseils d'experts.

Ashleay : Et voilà. Et c'est pour ça que tu es là, Mathieu. Alors, si on commence dans le vif du sujet, pourquoi est-ce que discuter d'argent, même avec son conjoint ou sa conjointe, c'est parfois tabou ou ça peut créer des malaises?

Mathieu : Il y a plusieurs raisons. Il peut y avoir des discordances dans les habitudes ou les opinions quant à la gestion financière. Par exemple, on peut voir l'un des membres du couple qui va être plus économe, l'autre qui va être plus dépensier. Donc les habitudes peuvent créer des frictions. La personne qui est plus économe, par exemple, pourrait avoir l'impression que la gestion des finances du couple met en péril la sécurité financière à long terme, tandis que la personne qui a des tendances un peu plus dépensières peut peut-être se sentir un peu brimée dans sa liberté de prendre plaisir à gérer l'argent comme elle le veut. Et aussi, un autre point important, c'est qu'il peut y avoir des écarts de revenus entre les deux membres du couple. Donc ça aussi ça peut venir créer certaines frictions lorsque vient le temps d'en parler.

Sébastien : Puis je pense que tout le monde se reconnaît dans le plus économe et le plus dépensier. Moi, j'ai tendance à être le plus économe à la maison. Toi, Ashleay?

Ashleay : Moi je suis la plus dépensière. Puis, parenthèse, là, mon mari m'avait dit une fois « moi, ça ne me dérange pas de vivre dans une plus petite maison ». Et j'avais fait « Oh! » parce que je suis dans la maison de mes grands-parents. Moi, ça fait des années que je rêve d'avoir cette maison, donc oh! que je suis revenue vite sur le droit chemin du budget.

Sébastien : Mais c'est bien! Tu as réalisé quand même un rêve.

Ashleay : Oui, oui, oui, absolument, absolument.

Sébastien : Mais tu sais, briser la glace puis parler de finances à la maison, c'est quand même quelque chose qui n'est pas si facile. Mais l'objectif, c'est d'échanger puis d'arriver à un juste milieu que les deux vont être à l'aise, peu importe où c'est. Mais l'argent, c'est un sujet qui est très délicat.

Ashleay : Absolument. Puis de quoi est-il essentiel de discuter avec son ou sa partenaire de vie?

Mathieu : Donc, il faut vraiment avoir une discussion franche en couple, savoir où on en est, notre situation financière actuelle. Est-ce que nos dépenses sont cohérentes avec les revenus? Il peut toujours y avoir des périodes de dépenses plus importantes, mais est-ce qu'on est capable de revenir à un train de vie qui est soutenable après ça? Puis on parlait plus tôt d’écarts de revenus entre les deux membres du couple, comment les dépenses du couple vont être partagées? Est-ce que ça va être une entente 50/50? Est-ce qu'on va payer les dépenses en proportion de nos revenus respectifs ou une autre entente? Donc, c'est tous des points importants à discuter en couple.

Sébastien : Puis c'est important de discuter du futur, puis des projets ensemble. Je suis loin d'être un thérapeute de couple, puis je n'ai aucune expertise là-dedans, mais la communication est la clé. Puis si au moins on s'entend sur ce qu'on veut atteindre, comme dans ton cas, si tu savais que c'était cette maison-là que tu voulais, mais après ça, les décisions vont venir s'orienter dans cette direction-là. Puis aussi, c'est important de savoir que si l'un ou l'autre des membres du couple a éventuellement des problèmes de santé, comment est-ce qu'on les gère, nos finances? L'épargne est où? Les polices d'assurance, ça fonctionne comment? Bien, c'est important qu'au moins on soit tous sur la même base.

Ashleay : Absolument. Puis on entend aussi que c'est très bénéfique de parler d'argent avec nos enfants. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, messieurs?

Mathieu : Oui, tout à fait. Ça peut être un concept qu'on pense qui est difficile à comprendre pour les plus petits, mais il ne faut pas sous-estimer leur intelligence et prendre l'initiative de les amener à parler de ça en très bas âge. L'idée là-dedans, c'est vraiment de les informer, de les faire réfléchir au début, puis lorsqu'ils vont prendre de l'âge, à ce moment-là, on peut ensuite amener des concepts un petit peu plus avancés, des notions plus avancées. Un autre point qui est intéressant qu'on peut faire, c'est avec l'argent de poche, de leur donner la liberté et vraiment la responsabilité de gérer leur propre argent de façon responsable. Par exemple, j'ai un exemple d'un collègue qui utilise des pots pour, par exemple, des dépenses de tous les jours, de l'argent de poche et un pot pour des projets à plus long terme. Par exemple, si on voulait s'acheter un nouveau jeu vidéo, une Xbox, un nouveau vélo, quelque chose qui coûte plus cher, ça rentre l'habitude de devoir épargner pour quelque chose qui nous tient à cœur, qui est plus important comme dépense.

Sébastien : Puis aider les jeunes à apprendre à gérer un budget, ça peut être aussi une bonne idée de leur donner accès à un petit revenu, un peu d'argent de poche assez jeune pour qu'ils intègrent la notion. Tu sais, ce qu'on appelle en économie le coût d'opportunité, c'est qu'on regarde un prix, ça coûte 20 $, l'objet que j'ai devant moi. Mais ce que ça coûte vraiment, c'est peut-être deux autres choses à 10 $ ou quatre à 5 $. Si tu achètes une chose, tu te prives ailleurs. Donc d'apprendre à prioriser, puis comment bien utiliser son argent, puis apprendre à épargner relativement jeune aussi pour pouvoir avoir accès à des choses qui coûtent peut-être un petit peu plus cher, comme tu parlais, des consoles de jeux vidéo. Il n'est jamais trop, bien, il peut être trop tôt. Moins de cinq ans, c'est peut-être difficile, mais quand les enfants arrivent à l'âge primaire ou secondaire, les préparer jeunes à apprendre au moins à manipuler de l'argent et à gérer un budget, c'est une très bonne habitude de vie qu'on peut leur inclure.

Ashleay : Oui, et j'aime beaucoup ça, ce que tu dis, de manipuler l'argent. Par exemple, si je pense à ma fille, elle a onze ans donc on commence dans les plus gros montants. Si c'est Noël ou quelque chose, elle se fait donner de l'argent. Il y a une chose qu'elle voit, c'est les cartes de crédit. Moi, j’ai tendance à payer tout avec ma carte pour bâtir le dossier de crédit, pour avoir les points, blablabla, tous les avantages. Mais je m'assure aussi qu'elle comprenne que si je paye, mettons que je fais une dépense plus élevée de 1 000 $, bien il faut que je la rembourse, cette dépense-là, puis il faut que je la rembourse quand même rapidement, parce que sinon, cette dépense-là de 1000 va peut-être me coûter 1200.

Mathieu : C’est très vrai, Ashleay. Effectivement, carte de crédit, c'est un bon point. C'est un mode de paiement qui est très très en vogue de nos jours et avec plusieurs avantages, mais aussi plusieurs risques qui viennent avec. Donc, c'est important que nos enfants qui deviennent de jeunes adultes, qui commencent à utiliser la carte de crédit, qu’ils comprennent comment ça fonctionne, quels sont les taux d'intérêt si on ne rembourse pas sa carte et il faut plus l'enseigner comme étant un mode de paiement sur des achats courants qu'un moyen de financement pour de gros achats. C'est toujours important de rembourser sa carte de crédit à temps au complet pour se bâtir un bon dossier de crédit qui va nous servir toute notre vie.

Sébastien : Puis il y a des achats que la carte de crédit, c'est le meilleur outil qu'on peut imaginer. Si on va chercher des bonifications, on peut avoir des assurances aussi sur des achats, si les choses brisent, s'il y a des vols. Donc la carte de crédit, c'est un outil qui est très puissant, il faut juste savoir bien s'en servir. Puis aussi, il y a d'autres stratégies intéressantes pour les jeunes. Si vous avez un ado qui travaille, commence à avoir un revenu, puis il cherche la meilleure façon d'investir, le régime d'épargne-études, ça peut être quelque chose qui est utilisé par l'adolescent lui-même, par le jeune. S'il y a des cotisations qui sont encore disponibles, qui n'ont pas été faites par le passé, bien l'enfant va pouvoir bénéficier de 30 % de subvention plus les rendements, puis l'argent, quand il est là, on ne peut pas le sortir. Donc aussi, il n'a pas la tentation d'aller piger là-dedans. Donc le régime d'épargne-études, ça peut être important. Aussi, on parle beaucoup d'argent au point de vue immédiat, mais quand on parle d'argent, c'est aussi pour le futur, donc c'est le capital humain de l'enfant. Donc c'est bien de parler aussi avec nos jeunes des perspectives de carrière, de comment bien investir son temps aujourd'hui pour essayer d'aller maximiser son potentiel de revenus dans le futur. Donc, cette conversation-là sur l'argent, ça peut être aussi sur comment tu utilises ton temps aujourd'hui. Donc si on attache tout ça ensemble, dans le fond, c'est un peu de préparer l'enfant à être l'adulte qu’il va être dans le futur. Donc il y a de belles opportunités ici, dans ces conversations-là.

Ashleay : Absolument. Puis, si on fait un résumé de ce qui a été dit aujourd’hui, Mathieu, quels seraient les cinq éléments à retenir?

Mathieu : Ce qui serait important à retenir, premièrement, pour parler de finances en couple, c’est d’avoir une discussion qui est ouverte dans les tout débuts, si possible, pour éviter des malentendus plus tard. Donc, si on a un portrait clair de notre situation financière, on a fait un budget, on a équilibré nos revenus, nos dépenses et on a aussi préparé pour des imprévus parce qu’on ne sait jamais quand ça pourrait arriver, avoir un peu de lousse, comme on peut dire, c'est primordial. Ensuite, il est bénéfique de parler aussi d'argent, non seulement en couple, mais avec nos enfants le plus tôt possible. Ils vont apprendre rapidement, ne pas avoir peur de les inculquer des concepts. Puis s'ils font des erreurs, ce n'est pas grave, c'est en faisant des erreurs qu'on apprend souvent le mieux, et ensuite ils vont pouvoir garder ces leçons-là pour le reste de leur vie.

Ashleay : Absolument. C'est mieux de faire une erreur là, au dépanneur, que dans 20 ans avec une maison.

Mathieu :Exactement.

Ashleay : Sébastien et Mathieu, merci beaucoup pour le contenu qui est vraiment pertinent et important. Ça fait réfléchir. On va se retrouver au prochain balado pour poursuivre notre discussion sur l'importance de parler des finances. Mais cette fois-ci, nous nous attarderons à l'importance de discuter d'argent avec les personnes âgées. Alors ça risque d'être très intéressant. Soyez des nôtres. Vous avez aimé cet épisode et vous aimeriez en apprendre davantage sur l'actualité économique? Abonnez-vous à notre balado À vos intérêts! disponible sur toutes les plateformes. Vous pouvez aussi visiter la page Actualités économiques sur ia.ca et nous suivre sur les réseaux sociaux.

À propos

Sébastien Mc Mahon s’est joint à l’équipe économique de iA Groupe financier en janvier 2013. Au cours de sa carrière, M. Mc Mahon a occupé divers postes au sein d’institutions financières de premier plan, notamment au ministère des Finances du Québec et à l’Autorité des marchés financiers.

M. Mc Mahon agit également à titre de vice-président, allocation d'actifs, et gestionnaire de portefeuilles de notre filiale iA Gestion de placements inc. (iAGP), avec des actifs frôlant les 15 milliards de dollars. Enfin, M. Mc Mahon est aussi membre du comité d’allocation d’actifs de la firme.

Sébastien Mc Mahon et Mathieu Gilbert

Ce balado ne doit pas être copié ou reproduit. Les opinions exprimées dans ce balado reposent sur les conditions actuelles de marché et peuvent changer sans préavis. Elles ne visent nullement à fournir des conseils en matière de placement. Les prévisions données dans ce balado ne sont pas des garanties de rendement. Elles impliquent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Bien que ces hypothèses nous paraissent raisonnables, il n’y a aucune assurance qu’elles se confirment.

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