Rentrée économique hivernale

Rejoignez-nous cette semaine alors que Sébastien Mc Mahon partage son analyse des dernières nouvelles économiques, incluant la transition énergétique et les défis économiques auxquels font face les gouvernements. Écoutez pour découvrir les choses à surveiller cet hiver.

Ashleay : Bonjour à tous et bienvenue au balado À vos intérêts! Cette semaine, on se penche sur les dernières nouvelles économiques. Je suis ravie d'avoir avec moi aujourd'hui Sébastien Mc Mahon, notre stratège en chef, qui va partager avec nous ses connaissances sur les développements économiques récents. Alors, bonjour Sébastien.

Sébastien : Bonjour Ashleay. Comment ça va?

Ashleay : Ça va bien, toi aussi?

Sébastien : Ouais, on va parler d'économie aujourd'hui.

Ashleay : Yes Sébastien. Justement, ça fait un bout qu'on n'a pas discuté ensemble des dernières nouvelles économiques. Alors, on approche la fin de l'année 2023 et 2024 est à nos portes. Qu'est ce qui a récemment attiré ton attention?

Sébastien : C'est un peu la culmination de tout ce qu'on a discuté, dans la dernière année et quelques, qui vient rattraper nos gouvernements dans le moment. On parlait d'inflation, on parlait de risque de récession, on parle de prix des maisons qui ont augmenté les besoins pour les logements sociaux. Là, dans les semaines dans lesquelles on est ici, on est en train d'enregistrer ça à la fin novembre. Il y a quelques provinces qui ont déjà sorti leur mise à jour budgétaire, dont le Québec et l'Ontario. Le gouvernement fédéral va le sortir dans les prochains jours aussi. Puis c'est les mêmes grands thèmes qui sont répétés dans tous les documents qui sont présentés. Donc, on parle de création de fonds d'infrastructure, on parle de logements sociaux, on parle de mesures anti-inflation. Donc la population vieillit, nos infrastructures vieillissent aussi. La transition, la transition énergétique, ça crée des besoins massifs d'investissements verts. Tout ça dans un contexte où on cherche à retourner à l'équilibre budgétaire dans l'ère postpandémique. Donc, c'est un peu ça la réalité de tout le monde. Puis là, les gouvernements nous arrivent avec des nouvelles prévisions économiques, puis on voit qu'on est un peu obligé de repousser le moment où on va revenir à l'équilibre.  Il y a moins de revenus qui est attendu parce que l'économie est en train de ralentir. Les dépenses ont augmenté plus qu'anticipées. Par exemple, en Ontario, c'est un peu le meilleur élève qui parlait de retourner à l'équilibre budgétaire en 2024-2025. Donc, cet exercice financier-là, là, on a repoussé ça d'une année à 2025-2026, OK. Puis le Québec, lui, bien, le Québec, lui, a utilisé la quasi-totalité de sa réserve pour éventualités dans la dernière mise à jour budgétaire. Donc, il avait fait un budget en mars, qui avait été déposé en mars 2023, six mois après ou à peu près sept mois plutôt après. On fait le point et puis on se rend compte que oui, ça va un peu moins bien qu'on pensait au point de vue des revenus. On a engagé beaucoup de dépenses aussi dans les dernières années. Il ne faut pas oublier que pendant l'ère postpandémique, juste après la pandémie, on avait dépensé beaucoup d'argent. Le gouvernement avait injecté dans les poches des ménages. Les ménages dépensaient plus. Quand il y a de l'inflation, ça veut dire qu'on paye plus cher pour tout. Donc, on paye plus de taxes sur les biens et services qu'on achète. Donc, les gouvernements, les gouvernements avaient des revenus qui avaient gonflé. Beaucoup de ces revenus-là ont été utilisés pour financer des coupures d'impôt parce que le « timing » était bon pour faire ça. Mais là, on se retrouve que,finalement, ça risque d'être difficile d'atteindre l'équilibre budgétaire au Québec qui était prévu d'ici 2027-2028. Là, je vous dirais qu'on avait un petit coussin, puis le petit coussin. Bon, ben il s'est dégonflé.

Ashleay : Il est un peu flat.

Sébastien : Oui, il est un petit peu, il est un petit peu à plat, comme tu le dis. Puis ça, c'est Québec, Ontario, Canada. Les chiffres ne sont pas sortis encore au moment d'enregistrer, mais les attentes, c'est que le Canada prévoyait. Le gouvernement fédéral canadien prévoyait poursuivre les dépenses déficitaires pendant encore quelques années en ciblant le portefeuille des Canadiens, supporter les soins de santé publique, tout ce qui est de la transition vers l'économie propre. Mais au cours des mois qui ont suivi le budget, maintenant, les Libéraux commencent à parler plus la crise du logement, puis le coût de l'épicerie. Donc on avait des prévisions pour un déficit fédéral qui était quand même assez grand, de 40 milliards de dollars pour l'année 2023-2024 seulement. Donc il était déjà 10 milliards de plus que ce qui était prévu l'automne dernier. Là, on s'attend bien sûr qu'on parle beaucoup de prudence. On parle beaucoup de retenues budgétaires quand on parle de logements sociaux. Donc probablement que ce qu'on a vécu au niveau provincial, qu'il faut se serrer un peu plus la ceinture, c'est ce qu'on va entendre aussi de la bouche de la ministre Freeland quand elle va faire son point, son point budgétaire, elle aussi, dans les prochains jours.

Ashleay : Puis, tu as parlé souvent dans la dernière année et demie qu'on vit dans une période économique intéressante. Tu sais, il y a une poussée inflationniste, la plus forte en 40 ans, sortie de la pandémie, risque de récession. C'est quoi le portrait que tu brosserais de l'économie canadienne et québécoise actuelle?

Sébastien : Bien, du côté canadien, on est déjà en récession per capita. Donc, quand on regarde les données au Canada puis on corrige pour la croissance de la population qui est historiquement forte, causée par l'immigration et non par la croissance naturelle, Il y a vraiment beaucoup de gens qui viennent s'installer au Canada. On a beaucoup d’immigration qui est économique. Donc, on cible les gens qui viennent chez nous pour favoriser le développement économique. Mais, quand on corrige pour tout ça, on voit que le PIB per capita est en contraction depuis un an. On voit que les dépenses de consommation aussi sont en contraction depuis un an en réel la quantité de biens et services qu'on achète. Donc, si vous regardez les données économiques à la télévision, il me semble, les données sont bonnes, mais je me sens un peu plus serré. Me semble que j'en ai moins pour mon argent. Bien, c'est tout à fait vrai. On voit que c'est ce qui se passe dans le moment les dépenses de consommation par tête de pipe en biens et services, bien, on a une contraction depuis l'année dernière.

Ashleay : Puis le taux de chômage commence à augmenter.

Sébastien : Oui, le taux de chômage commence à augmenter. Donc, pour qu'on parle vraiment d'une récession officielle, généralement, c'est quand le chômage augmente beaucoup. Puis, quand on commence à connaître des gens autour de nous qui perdent leur emploi, on n'est pas rendus là encore, mais probablement que si on fait des projections devant nous, en 2024, bien, cette tendance-là de hausse du chômage, généralement, quand le taux de chômage commence à augmenter, ça n'arrête pas après 0,2, 0,3 %; il y a une tendance qui est plus longue. Donc, on peut anticiper logiquement qu'en 2024, bien, le taux de chômage, on en parle de plus en plus dans les nouvelles. Puis, au Québec, on parle de quoi? On parle de marché du travail qui est serré, ce qui fait que l'inflation est plus forte qu'ailleurs. Donc on bénéficie moins de l'immigration au Québec, Le marché du travail est plus serré. C'est une économie qui était un petit peu moins résiliente que le reste de l'économie canadienne. On a une inflation qui est un petit peu plus persistante, collante, qui est avec nous. Donc, il y a beaucoup de gros projets d'infrastructures qui risquent d'être difficiles à réaliser dans les prochaines années. Vous savez, Hydro-Québec parle de bâtir beaucoup de nouveaux projets. On parle de grands besoins d'infrastructures au Québec, puis on se demande beaucoup est-ce qu'on va trouver cette main-d'oeuvre là? Donc, ça risque d'être le défi de la prochaine décennie.

Ashleay : Puis, si on poursuit en Ontario?

Sébastien : Bien en Ontario, justement, tout le monde veut créer des nouvelles infrastructures, tout le monde a besoin de travailleurs, de la construction des travailleurs, de la construction pour de l'infrastructure. Ce n'est pas exactement les mêmes corps de métier, mais quand même, on va piger peut-être un peu dans le même, dans le même bassin de travailleurs. Donc en Ontario, on crée un fonds d'investissement en infrastructures de 3 milliards de dollars. Ce sont les mêmes besoins qu'ailleurs. On a des besoins en logements sociaux, donc le nerf de la guerre pour les prochaines années, prochaines décennies probablement, ça va être les gens qui ont des métiers liés à la construction. On en a besoin de plus, puis ça peut être un goulot d'étranglement pour l'économie canadienne. C'est drôle à dire que c'est juste un corps de métier, mais quand même, on arrive un peu dans ces limites là de la main-d'oeuvre canadienne.

Ashleay : Puis, qu’est-ce qu'on devra surveiller cet hiver sur le plan économique?

Sébastien : Bien, ça va être la suite de la transmission de la politique monétaire. C'est pas très sexy dit comme ça, mais la politique monétaire, quand les taux d'intérêt augmentent bien, on pense à notre hypothèque, on parle, on pense à notre marge de crédit, mais on répète toujours que ça prend de 18 à 24 mois avant qu'une décision de politique monétaire fasse son impact complet sur l'économie, donc le crédit à la consommation, on voit que ça a déjà ralenti. Les demandes de prêts sont en baisse, les banques prêtent moins, on voit les faillites qui commencent à augmenter. On voit des problèmes de retard sur les cartes de crédit qui commencent à apparaître. Il n'y a pas de catastrophe encore, mais la tendance, on voit qu'il est bien pris. Donc, la suite de ce processus là, ça devrait être ce qu'on voit au cours de l'hiver, puis tout au cours de 2024 aussi.

Ashleay : Ok. Puis, ça va être quand la première coupure du taux directeur selon toi?

Sébastien : Bien, j'aimerais ça moi aussi que ça vienne tôt. Mais si on regarde d'un point de vue très économique, très froid, probablement qu'on a fini de hausser le taux directeur. Ça, c'est la bonne nouvelle. Probablement qu'à partir du milieu de 2024, on va parler plus sérieusement de la première coupure, mais juste si on voit une coupure du taux directeur de la Banque du Canada venir plus tôt en 2024, probablement que ce ne sera pas pour une bonne raison.

Ashleay : Ah bien, merci Sébastien pour ta présence et pour l'analyse perspicace de l'économie actuelle du Canada et du Québec. On espère qu'à la maison ça vous a été informatif et utile pour comprendre les enjeux économiques actuels. Merci de nous avoir écouté aujourd'hui et on se reparle la semaine prochaine.

À propos

Sébastien possède près de 20 ans d’expérience dans les secteurs privé et public. En plus de son rôle de stratège en chef et d’économiste sénior, il est également gestionnaire de portefeuilles chez iA Gestion mondiale d’actifs et membre du comité d’allocation d’actifs de la société. Ces fonctions lui permettent d’exprimer sa passion pour les chiffres, les mots et la communication. Sébastien agit en tant que porte-parole de iA Groupe financier et conférencier invité sur les questions qui touchent l’économie et la finance. Avant de se joindre à iA en 2013, il a occupé divers postes dans le secteur de l’économie à l’Autorité des marchés financiers, chez Desjardins et au ministère des Finances du Québec. Sébastien est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en économie de l’Université Laval et détient le titre de CFA.

Sébastien Mc Mahon

Vice-président, allocation d'actifs, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuilles

Ce balado ne doit pas être copié ou reproduit. Les opinions exprimées dans ce balado reposent sur les conditions actuelles de marché et peuvent changer sans préavis. Elles ne visent nullement à fournir des conseils en matière de placement. Les prévisions données dans ce balado ne sont pas des garanties de rendement. Elles impliquent des risques, des incertitudes et des hypothèses. Bien que ces hypothèses nous paraissent raisonnables, il n’y a aucune assurance qu’elles se confirment.

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