Placements alternatifs : un rôle qui évolue

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Du crédit privé aux infrastructures, les placements alternatifs permettent de stabiliser le rendement des portefeuilles au fil du temps.

Les stratégies de placements alternatifs gagnent du terrain. S’appuyant sur des sources de rendement et de revenus diversifiés, elles permettent de réduire le risque global d’un portefeuille dans un contexte macroéconomique incertain.

Alors que les portefeuilles équilibrés permettaient historiquement d’obtenir de bons résultats, la volatilité des marchés d’aujourd’hui rend les rendements moins prévisibles et incite les investisseurs à rechercher de nouvelles avenues de diversification.

Quand le mouvement d’une action n’est plus compensé par celui d’une obligation, la question n’est pas tant de savoir quels actifs acquérir, mais plutôt comment les placements peuvent agir ensemble pour conserver la stabilité d’un portefeuille, même quand les marchés fluctuent beaucoup.

Une solution en pleine croissance

Ce changement est observable depuis plus d’une décennie. En matière de crédit privé, par exemple, la croissance de son utilisation remonte à la crise financière mondiale de 2007-2008, lorsque le resserrement des règles a limité les prêts bancaires et orienté les emprunteurs vers des sources de financement non traditionnelles.

Ce qui a d’abord servi de solution de rechange est ainsi devenu un pilier. Selon le fournisseur de données sur les placements alternatifs Preqin, la valeur totale des actifs mondiaux investis en dette privée est passée de 232 milliards $US en 2007 à 1 900 milliards $US en 2023, illustrant une tendance qui dépasse largement un seul cycle de marché.

Dans les portefeuilles, l’attrait réside moins dans l’accès à des actifs nichés que dans le comportement de ces actifs. L’immobilier, les infrastructures et le crédit privé s’appuient généralement sur des flux de trésorerie contractuels ou sur l’activité commerciale sous-jacente plutôt que sur la détermination quotidienne des prix.

« De nombreux placements alternatifs s’appuient sur des contrats à long terme, des actifs physiques ou une activité commerciale privée. Ils ont tendance à être moins sensibles aux fluctuations quotidiennes du marché que les actions et obligations cotées en bourse. »

Cette différence devient plus visible dans des environnements macroéconomiques tendus. Dans cette situation, les titres cotés en bourse peuvent s’ajuster rapidement et souvent de manière synchronisée. Les placements alternatifs, eux, ont plutôt tendance à s’ajuster plus progressivement, leurs valorisations s’établissant sur des flux de trésorerie sous-jacents et des évaluations périodiques plutôt que sur des transactions boursières menées en continu.

Ces flux de trésorerie changent la donne. Par exemple, investir dans une autoroute à péage permet de bénéficier d’un flux quotidien de revenus. C’est ce flux régulier qui stabilise le rendement d’un portefeuille, qui devient alors moins sensible aux fluctuations quotidiennes telles que celles subies sur le marché boursier.

Un pilier institutionnel plus accessible

Pendant longtemps, ces caractéristiques ont cantonné les placements alternatifs principalement aux portefeuilles institutionnels, dans lesquels les horizons de placement à long terme et les besoins limités de liquidités facilitaient leur détention.

Historiquement, les grands gestionnaires de régimes de retraite recouraient à ces placements en raison de leur qualité. Aujourd’hui, les plus petits investisseurs y ont de plus en plus accès.

Cet élargissement de l’accès découle en partie de la conception des produits. Les placements alternatifs s’intègrent en effet de plus en plus dans des solutions diversifiées comme les fonds à date cible, ce qui les rend accessibles aux investisseurs sans que ceux-ci n’aient à gérer leur propre répartition d’actifs.

Outre leur plus grande disponibilité, la hausse de l’utilisation des placements alternatifs reflète aussi la prise de conscience que leur rôle dans les portefeuilles devient plus difficile à reproduire avec les seuls actifs traditionnels.

Intégrer des placements alternatifs dans des structures de fonds existantes au lieu de les considérer comme des solutions distinctes les rend plus accessibles aux investisseurs. Ils sont par exemple intégrés dans des solutions clé en main, comme chez nous.

Le risque revisité

Par ailleurs, les placements alternatifs ne sont pas nécessairement synonymes de rendement plus élevé. Ils visent plutôt un meilleur rendement pour un niveau de risque donné. Une nuance subtile, mais importante. Il ne faut pas s’attendre à ce que les placements alternatifs surperforment dans toutes les conditions de marché. Leur apport se mesure au fil du temps grâce à une combinaison de revenus plus réguliers et d’une volatilité moindre.

En pratique, cela se traduit souvent par des baisses brutales moins fréquentes, même si les rendements semblent plus modérés lorsque les marchés boursiers sont en forte hausse. Sur des périodes plus longues, cette régularité peut améliorer le rendement global des portefeuilles.

À mesure que l’utilisation des placements alternatifs augmente, leur complexité s’accroît également. Le rendement reste toutefois cyclique. La baisse du marché immobilier en 2022, provoquée par la hausse des taux et l’inflation, a illustré que les placements alternatifs ne sont pas à l’abri des conditions économiques.

«  En cas de repli des marchés, les placements alternatifs peuvent également baisser, mais l’ampleur et le moment où surviennent ces baisses diffèrent souvent de ceux des marchés publics traditionnels. »

Le choix des gestionnaires reste essentiel. Il n’existe pas de démonstration constante de surperformance mais le processus et la discipline continuent de différencier les résultats. C’est pourquoi il est important de privilégier un processus solide.

Souvent décrite comme une tendance, l’utilisation des placements alternatifs ne doit pas reposer uniquement sur l’élargissement de la gamme de produits qui en contiennent, mais aussi sur la manière de les intégrer dans des portefeuilles destinés à un large bassin d’investisseurs. Pour des investissements à plus long terme, il s’agit de diversification et de rendement ajusté au risque.

Les placements alternatifs n’éliminent pas l’incertitude. Ils modifient plutôt la manière et le moment où cette incertitude est gérée au sein d’un portefeuille.

Une première version de cet article a été publiée en avril 2026 dans Human Resources Director.