Retour à la salle de presse

Raymond Garneau s'oppose à une monnaie commune avec les États-Unis

Québec,

Communiqué de presse

Discours de M. Garneau (PDF - 34 Ko)

Prononçant son premier discours depuis qu’il a annoncé sa retraite à titre de chef de la direction de L’Industrielle-Alliance Compagnie d’Assurance sur la Vie, monsieur Raymond Garneau s’est prononcé contre l’établissement d’une monnaie commune avec les États-Unis.

« Non seulement l’établissement d’une monnaie commune avec les États-Unis ne m’apparaît pas viable sur le plan politique, mais une telle mesure pourrait être dommageable pour le Canada sur le plan économique », a déclaré, aujourd’hui, monsieur Garneau, devant les membres du chapitre de Québec de l’Association des analystes financiers de Montréal.

Monsieur Garneau, qui continue d’agir à titre de président du conseil d’administration de L’Industrielle-Alliance, ne voit pas comment, sur le plan politique, le Canada et les États-Unis accepteraient d’abandonner leur dollar respectif pour adopter une nouvelle monnaie commune. « Abandonner sa monnaie, a expliqué monsieur Garneau, c’est abandonner une partie de sa souveraineté. Or, je ne crois pas que les États-Unis accepteraient d’abandonner une partie de leur souveraineté pour créer un « americo », qui ferait pendant à l’euro, avec un pays dont la taille est considérablement plus petite que la leur. »

« S’il y avait une avenue possible, estime monsieur Garneau, ce serait pour le Canada d’adopter le dollar américain et d’essayer de négocier une participation à la Federal Reserve Bank où, au mieux, nous accorderait-on une représentation nominale, car jamais les États-Unis accepteraient une parité avec le Canada. »

L’autre possibilité, selon monsieur Garneau, serait d’avoir un taux de change fixe et permanent entre le dollar américain et le dollar canadien. « Cette option nécessiterait cependant la création d’un fonds de stabilisation des changes qui aurait les reins solides afin de faire face aux tempêtes, a fait remarquer monsieur Garneau. L’ancien premier ministre du Canada, monsieur John Diefenbaker, l’a appris à ses dépens lorsqu’il a été forcé de dévaluer le dollar canadien de 8 %, au début des années 60, après avoir saigné à blanc le fonds de stabilisation des changes. »

Sur le plan économique, monsieur Garneau considère que le système actuel de taux de change flexible a, en général, fort bien servi le Canada. « Malgré les fortes tendances d’intégration économique et financière avec notre puissant voisin américain, nous avons laissé flotter librement le cours du dollar canadien par rapport au dollar américain pendant 42 des 50 dernières années, et l’économie canadienne figure toujours parmi les plus prospères de la planète », a souligné monsieur Garneau.

Pour appuyer ses propos, monsieur Garneau a fait référence à une récente étude du C.D. Howe, selon laquelle le Canada aurait probablement subi une récession en 1998, s’il avait été sous un régime de taux de change fixe, en raison des bouleversements financiers qui ont suivi la crise asiatique de 1997 et qui ont affecté, entre autres, le prix des matières premières. « Aurions-nous pu résister à la pression des cambistes sans dévaluer notre dollar? », s’est demandé monsieur Garneau.

Pour monsieur Garneau, le taux de change flottant constitue un mécanisme additionnel de régulation de l’économie. En ce sens, il s’est dit d’accord avec l’étude du C.D. Howe qui indique que : « Si le taux de change nominal du Canada était fixe, ce sont les autres variables, comme les salaires et les prix, sans parler de la production et du taux d’emploi, qui absorberaient les répercussions de la fluctuation du prix des marchandises. »

Notre régime de taux de change flottant comporte un autre avantage important, selon monsieur Garneau, celui de pouvoir mener une politique monétaire indépendante de celle des États-Unis. « La restauration de la crédibilité sur le plan budgétaire a permis à la Banque du Canada de poursuivre ses propres objectifs en matière d’inflation et d’abaisser son taux directeur, en 1996 et en 1997, à des niveaux bien inférieurs à ceux de la Réserve fédérale américaine », a conclu monsieur Garneau.

Rappelons que monsieur Raymond Garneau a été ministre des Finances et président du Conseil du Trésor du Québec de 1970 à 1976. En 1980, il a été nommé président du Conseil et chef de la direction de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal, aujourd’hui la Banque Laurentienne. Monsieur Garneau a aussi été député du comté de Laval-des-Rapides à la Chambre des communes, à Ottawa, de 1984 à 1988. Il a joint les rangs de L’Industrielle-Alliance à la fin de 1988, où il est devenu, au fil des ans, président du conseil et président et chef de la direction. Le 2 mai dernier, monsieur Garneau annonçait sa retraite de la direction de L’Industrielle-Alliance, où il continue d’agir à titre de président du conseil d’administration.

- 30 -

Renseignements :
Jacques Carrière
Tél. : (418) 684-5275
Cell. : (418) 576-3624